Spoiler : à 85 secondes, demain est pas garanti.
À 85 secondes de minuit, dit le Bulletin of the Atomic Scientists , le monde ne crie pas. Il soupire. Il soupire dans un langage propre, scientifique, bien peigné. Une horloge. Des secondes. Pas de feu, pas de sang dans les mots. Juste un chiffre qui dit : on est rendus là. Minuit, dans l’imaginaire, ça devrait être un grand fracas. Un bruit de fin. Un ciel qui se déchire. Mais non. Minuit approche comme un chat fatigué qui traverse le salon pendant qu’on regarde ailleurs. À 85 secondes, tout est encore debout. Les villes. Les écrans. Les lunchs dans le frigo. Les enfants qu’on borde en disant « à demain » comme si demain était une évidence, pas une hypothèse. Ce qui est troublant, c’est pas la menace. C’est notre capacité à l’absorber sans broncher. On est devenus bons là-dedans. Bons pour vivre au bord du gouffre avec un ton calme. Bons pour appeler ça « contexte mondial ». Bons pour continuer. Le monde finit pas dans un bang. Il finit dans une accumulat...

