L’autopsie du Milieu: Respirer entre les monstres
Par Suzy Wong
Le vrai dilemme n’est pas une dissertation de cégep sur nos allégeances; c’est une pathologie de la cage thoracique. La question n’est pas de savoir qui l'on préfère, mais quel type d’asphyxie le Canada est prêt à endurer pour ne pas s’effondrer.
L’Aigle - nos voisins du Sud - n’est plus ce mononcle fatigant mais prévisible. En se trumpolisant, il est devenu le propriétaire colérique qui possède le double de vos clés et qui menace de couper le chauffage si vous ne riez pas à ses blagues. On n’est plus seulement ses voisins ; on est pognés dans ses serres.
L’Aigle - nos voisins du Sud - n’est plus ce mononcle fatigant mais prévisible. En se trumpolisant, il est devenu le propriétaire colérique qui possède le double de vos clés et qui menace de couper le chauffage si vous ne riez pas à ses blagues. On n’est plus seulement ses voisins ; on est pognés dans ses serres.
Ses griffes sont entrées si creux dans notre viande - notre économie, notre défense, nos pipelines - qu’on ne sait plus où finit sa peau et où commence la nôtre. L’Aigle ne demande plus la permission, il exige la symétrie. Il présume que si son épaule tressaute, notre bras doit suivre, par pur automatisme biologique. C’est un bear hug qui a viré à l’incarcération: il nous serre si fort qu’on entend nos propres institutions craquer. On existe en stéréo, mais on finit par penser en mono.
Le Dragon - la Chine - observe le carnage avec une patience de glacier. Il n’arrive pas avec des bottes pleines de bouette, mais avec des contrats pliés comme des origamis cliniques. Il ne vous avale pas d'un coup de mâchoire; il vous colonise comme une vigne grimpante qui a tout son temps.
Le Dragon ne réclame pas votre amour, seulement votre mutisme. Ici, le silence n’est pas une absence de bruit, c’est une devise. C’est le mode de paiement pour une prospérité sans vagues. On y apprend l’art de lisser ses phrases et de raboter les mots qui dépassent, jusqu’à devenir parfaitement invisible à force de politesse. C’est la stabilité d’un sarcophage : c’est très calme une fois que le couvercle est scellé.
Faque, on fait quoi? On ne choisit pas sa dépendance comme une saveur de sloche au dépanneur.
Le Dragon - la Chine - observe le carnage avec une patience de glacier. Il n’arrive pas avec des bottes pleines de bouette, mais avec des contrats pliés comme des origamis cliniques. Il ne vous avale pas d'un coup de mâchoire; il vous colonise comme une vigne grimpante qui a tout son temps.
Le Dragon ne réclame pas votre amour, seulement votre mutisme. Ici, le silence n’est pas une absence de bruit, c’est une devise. C’est le mode de paiement pour une prospérité sans vagues. On y apprend l’art de lisser ses phrases et de raboter les mots qui dépassent, jusqu’à devenir parfaitement invisible à force de politesse. C’est la stabilité d’un sarcophage : c’est très calme une fois que le couvercle est scellé.
Faque, on fait quoi? On ne choisit pas sa dépendance comme une saveur de sloche au dépanneur.
- Quitter l’Aigle, c’est tenter de déménager sa géographie avec une simple valise de bobettes. C’est impossible. Nos systèmes nerveux sont entrelacés comme des fils d’écouteurs au fond d’une poche. L’Aigle est déjà assis à notre table, il a mangé notre dessert, pis il est convaincu que c’était inclus dans le bail.
- Ignorer le Dragon, c’est pratiquer l’autocécité sur la 40 en pleine heure de pointe. Fermer les yeux ne nous rend pas vertueux; ça nous rend juste plus faciles à percuter.
La seule posture viable, c’est la lisibilité. Arrêter de faire les mascottes polies. Il nous faut une colonne vertébrale qui n’est pas faite en réglisse noire. Il faut devenir l’écharde que l’Aigle ne peut pas avaler sans se blesser, et le partenaire que le Dragon ne peut pas ignorer sans se fragiliser.
Dire à l’Aigle: Allié, pas filiale.
Dire au Dragon: Partenaire, pas amnésique.
Entre l’Aigle qui nous broie par excès de proximité et le Dragon qui nous étouffe sous des promesses chuchotées, le Canada n’a pas à se chercher un maître. Il doit simplement choisir de rester un organisme vivant, la tête haute et les deux pieds dans ses bottines.





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